Les chroniques de DannY De LaeT

RAYMOND REDING ET LA BD DANS LA PRESSE QUOTIDIENNE

Chapitre 10 : L'UTOPIE INACCESSIBLE

Une bonne partie de la gloire du "Récréation" repose sur les frèles et ravissantes épaules de "Prunelle, reportages en tous genres", née en 1953. Assistée du gaffeur Déodat Prunelle vivra d'étranges aventures, parfois même de SF, parfois exotiques, souvent sur un mode policier.

Car non seulement Reding fut le premier à utiliser un personnage féminin comme héroïne de BD, il fut également un des premiers - sinon le premier avec M. Cro - à lancer une BD policière bien avant Félix, Ginger, Nant, Ric Hochet et quelques autres. Thématique que l'on retrouve d'ailleurs dans toutes ses séries.

En vérité, il s'agit là d'une partie de son œuvre que l’on n’a jamais prise en considération, même tenant compte du caractère parfois "polar" de certaines aventures de Jari, Larcher ou la section R.

J'ouvre toutefois d'abord une parenthèse, ou plutôt non, je pose simplement la question : qui donc nous racontera un beau jour pourquoi tant d'héroïnes charmantes portèrent respectivement autant de noms bizarres ou peu communs : Prunelle chez Reding, Seccotine chez Franquin, Queue-de-Cerise chez Tillieux ??? Allez donc savoir pourquoi tant d'appas et charmes féminins furent affublés de noms saugrenus et passe-partout alors qu'elles auraient pu se nommer Hélène (Detroit), Atalante (Ment), Sappho (Lefère), Edith (Denante), etc.

Mais venons-en aux récits mêmes. Caractère polar, disais-je, et cela vaut très certainement pour la première histoire de Prunelle, La grotte de Franchival, histoire qui met en place personnages et décors. Prunelle est une jeune journaliste travaillant pour le "Zéphyr" et qui se fait copieusement enguirlander par son patron.

Eh, c'est qu'elle est débutante, hésitante, peu convaincante... Bref, son patron lui accorde une dernière chance et la somme de résoudre l'énigme de la grotte de Franchival où le professeur Souterre parti explorer la grotte semble avoir disparu.

Prunelle voyageant par le train est témoin d'un bizarre règlement de compte et fait la connaissance du jeune Déodat qui l'aidera dans son enquête. Un inspecteur de police travaillant sous le couvert l'aidera également mais ne pourra empêcher le gangster Ravioli de capturer tout ce beau petit monde qui ira rejoindre le prof. Souterre.

L'histoire est habilement construite, pleine de rebondissements et se terminera le mieux du monde avec une belle promotion pour Prunelle qui, pas bégueule, fera de Déodat son assistant et photographe et par un sensationnel reportage dans "Zéphyr" dont le directeur, comblé, verra son tirage prendre des allures vertigineuses...

Malgré tout la trame reste classique mais ce sont les personnages principaux - Prunelle/Déodat - les personnages-pivots et les héros de l'histoire qui nous charment. La grotte de Franchival sera immédiatement suivie par Le lancement du Silver Star ; ce Star n'est autre qu'un navire qui justement doit exploser au moment de son lancement, attentat terroriste perpétré en Sloménie par le dénommé Mochka. Bien entendu Prunelle et Déodat sauront empêcher le forfait mais se feront en même temps un ennemi mortel dans la figure de Mochka. Cette deuxième histoire se terminera en 1954.

Reding complètera l'année avec une courte histoire animalière humoristique intitulée Pimperlu contre les zogres ; on y retrouve le climat, le charme et la fantaisie des Bouldaldar de Sirius voire des séries de Macherot. Petite BD charmante mais qui ne fut visiblement qu'un coup d'essai pour Reding qui l'abandonna sans regrets. L'histoire fut d'ailleurs signée d'un pseudonyme peu transparant (Simbrac).

Le dessinateur n'abandonne pas pour autant son héroïne qui revient juste à temps, fin '54, dans une première histoire de SF Alerte....Soucoupe volante ; oui, science-fiction certainement mais plutôt à court terme.

Les dites soucoupes sont de fabrication terrestre (voir le parallèle avec les ovnis de Bob et Bobette dans Les Martiens sont là in "Tintin" !) et même l'œuvre du professeur fou Schpruntzky qui aidé par Mochka, prépare robots et soucoupes et "une grande invasion universelle" pour la compte de la Lipuanie (pays de l'Est et guerre froide sont toujours d'actualité). Enlevés par une soucoupe volante et menés en Amérique du Sud, Prunelle et Déodat sauront encore une fois mettre des bâtons dans les roues.

De nouveau Reding délaissera son héroïne pendant plusieurs mois pour nous la ramener fraîche et rose avec une nouvelle coiffure fin 1955. Le changement n'est pas seulement physique, il est aussi présent dans le changement de "Récréation" qui passe maintenant au petit format. La page qui se pliait en deux se pliera dorénavant en quatre, "Récré" se pose maintenant sur 8 pages. Les planches de Reding présentent toujours 4 bandes mais le format réduit rapetisse également les dessins qui gagnent en densité.

Reding est au mieux de sa forme, graphiquement son dessin est superbe. Prunelle ne vivra toutefois qu'une seule histoire en 1956 : Viva Pelicula ! est encore une de ces histoires de révolution sud-américaines dans ces républiques qui ne semblent vivre que pour la violence. Envoyés au Tonduras, Prunelle et Déodat se trouvent pris entre le président Carcas aidé par l'éternel Mochka et son acolyte Froski (décidemment ils ont la peau aussi dure qu'Olrik !) et le chef des rebelles Pelicula. Evidemment ils aideront ce dernier lorsqu'il s'avère que Carcas est un tyran cruel et sanguinaire et que Pelicula leur sauvera la vie.

A noter : la violence et la cruauté sont montrées de façon explicite. Ainsi Carcas n'hésite pas à descendre froidement un de ces hommes qui ose le battre au pingpong !

Les récits de Prunelle font souvent preuve (car il y a encore bon nombre d'exemples à citer) d'une liberté et d'une licence dont Reding n'aurait pas bénéficié dans "Tintin" ni dans "Spirou".

Il n'y avait que dans les "Héroïc-Albums" que les dessinateurs jouissaient d'une telle liberté d'expression et il est assez curieux de constater que Reding n'hésitait pas - libre de toute censure - à aller jusqu'au bout de sa pensée. Cela ne rend que les récits de Prunelle plus passionnants encore.

A noter également cet intérêt pour les républiques révolutionnaires d'Amérique du Sud - souvenons-nous de la Palombie chère à Franquin, du Mexique de Jijé, de Will, du Parasolas de Tibet, etc.

En attendant notre héroïne doit néanmoins encore une fois céder la place à un autre héros, en l'occurrence John Hatfield dans l'extraordinaire one-shot La griffe de Tugunda ; la griffe en question est découverte au Congo par le chasseur et explorateur John Hatfield. Selon le professeur Toscane il s'agit d'une griffe de fourmi géante, vraisemblablement une espèce en mutation. Pour en savoir plus long Toscane et Hatfield mettent sur pied une expédition au cœur de l'Afrique noire. Contrecarrée par une puissante organisation secrète les deux héros sont capturés par les acolytes du grand maître qui n'est autre qu'un célèbre entomologiste, Vladimir Kagan, disparu voilà vingt ans déjà ! Par rayons infra-rouges Kagan a su créer une race de fourmis géantes qui l'aideront à conquérir le monde.

Signalons que le scénario de cette troublante histoire est dû au journaliste Louis Gernay, très certainement inspirée par le film "Them" qui date de cette époque. Seulement Gernay et Reding allèrent beaucoup plus loin que le film, qui nous conte la mutation de fourmis, mutation due aux expériences nucléaires faites dans le désert américain avec invasion de fourmis géantes à la clé.

La griffe de Tugunda

Dans La griffe de Tugunda les auteurs imaginent les fourmis au service d'un mégalo voulant asservir le monde. Les auteurs rejoignent ici un thème abordé également dans le roman "Une chose dans la nuit" de Jean David (Angoisse, 1955).

Il est certain que l'histoire de ce mégalo, œuvrant au cœur de l'Afrique, devait plaire à Reding qui en fit un chef d'œuvre de la BD qu'il faudrait quand même un jour extirper de l'oubli.

On y voit cette fois de façon exacerbée le thème du savant fou et mégalomane dont Reding se fera un régal, un thème qui deviendra un leid-motiv, déjà abordé dans le personnage loufoque du professeur Schpruntzky, mais qui ici prend des allures plus directes, plus menaçantes. Le pouvoir engendré par la connaissance (le savoir) dotera plus d'un cerveau vacillant de la force (le pouvoir) contraignante. En fait cela formera même l'épine dorsale de l'œuvre de Reding.

A croire que dans Prunelle et des histoires telles que La griffe de Tugunda Reding libérait tous ses démons alors que dans "Tintin" il abordait la BD selon un autre angle.

Regardez les histoires de Jari conçues vers la même époque : ce sont des histoires sentimentales, larmoyantes et tendres. A tel point que pour donner quelque dimension, quelque épaisseur à ces récits à l'eau de rose Reding ira jusqu'à l'humiliation et l'automutilation de ces héros.

Voyez l'orphelin Jari aveuglé dans un accident provoqué par Jimmy Torrent, voyez le même Torrent déchu de son titre, alcoolique, ayant perdu la mémoire, victime d'un attentat, etc., etc.

Reding n'est grand que selon la grandeur du thème. Il retrouvera cette grandeur quand, ayant abandonné Jimmy et Jari, il s'en prendra de nouveau aux mégalos avec Vincent Larcher combattant aux côtés d'Olympio contre le dr. Ketzal, contre le Condotierre, etc...

Tous des fous voulant régner sur le monde, voulant asservir les gens, voulant s'imposer aux autres. Pas un de ces fous n'atteindra finalement son objectif, pas un ne réussira à créer son monde à lui, son utopie, son rêve impossible, son règne de dément. Cette lutte constante entre le mal incarné par le despote potentiel et le bien représenté par Prunelle/ Déodat soit Larcher/Olymio forme le grand axe dans l'œuvre de Reding.

Ce sera le grand thème qui resurgira maintes fois encore dans les 13 histoires de Prunelle qui suivront encore de 1957 à 1966.

Et constatons avec regrets que l'on ait pas suffisamment étudié cet aspect de l'œuvre de Reding ; ainsi le jugement sévère et injuste de François Pierre qui voit les héros sportifs de Reding dans un contexte bourgeois, capitaliste et anti-Marxiste mais ignore bien sûr la thématique développée dans LDH et Récréation.

Une étude approfondie de la thématique Redingiene démontrera peut-être à quel niveau cet obsession du pouvoir mal dirigé trahit ou masque chez l'auteur la peur, la puissance ou même la tentation de la manipulation individuelle ou collective ! Avis aux Freud et Jüng en herbe...

Mais Prunelle donc. Il y aura encore de fort bonnes histoires dans cette série mais petit à petit les récits deviendront plus linéaires, moins élaborés. Le dessin en pâtit lorsque Reding passe sur trois bandes avec des cases plus grandes, un décor moins élaboré, plus de gros plans, un trait plus lourd. Encore un sujet d'étonnement, car dans d'autres séries au contraire - Eric Castel, Section R - le dessin reste fouillé et net.

Probable que la série de Prunelle devient petit à petit moins intéressante pour l'auteur ; qu'elle devient même un fardeau et qu'il la néglige peu à peu avant de l'abandonner sans regret aucun.

En 1957 nous n'en sommes pas encore là. Prunelle participe cette année-là à l'Opération Cactus, ou plutôt elle prend la place de Cactus dont elle est le sosie parfait. Cette Cactus, qui mijote en prison, est connue comme une cambrioleuse hors pair et le commissaire Maigrelet (eh oui) espère que Prunelle-Cactus mènera la police jusqu'au redoutable chef de bande connu sous le sobriquet de "l'Ombre"...

Hélas, la véritable Cactus s'évade. Démasquée Prunelle risque de se faire exécuter. Sauvée in extrémis elle ne peut empêcher l'Ombre de fuir à bord d'un bateau de pêche avec lequel il rallie son sous-marin ( !), s'évade et se fait reprendre dans son dernier repaire... Bien qu'histoire purement policière, elle est fort plaisante à suivre et pleine de rebondissements, même si ceux-ci paraissent parfois tirés par les cheveux.

Reding n'hésite jamais à faire intervenir aviation, marine, infanterie, tanks et autres attributs militaires (il semble même se délecter à les dessiner) parfois jusqu'à l'obsession. Mais puisque c'est tellement bien dessiné !..

Opération Cactus se termine en décembre '57 et Reding enchaîne immédiatement avec Aventure à Skojana pour la durée de 1958. Cette aventure nous ramène au thème du pouvoir malsain et de la mégalomanie. Prunelle participera en tant que nageuse aux "championnants internationaux inter presse" qui se déroulent cette année à Skojana, en Dragoslavie, qui est bien entendu cet état au régime totalitaire derrière le rideau de fer que nous connaissons tous. Un collègue de Prunelle intervient de façon apparemment malencontreuse et voilà Prunelle et Déodat recherchés par toutes les polices de Dragoslavie. Ils seront finalement sauvés par un agent des services secrets qui tourne casaque. Encore une fois l'histoire vaut par ses multiples avatars et rebondissements.

Fin '58 Reding entame une série d'histoires moins longues (généralement 30 planches) qui ne lui prennent plus que 6 mois pour la durée de la parution. Des 4 histoires qui suivent se sont surtout Le plan de Rodney Applestock et Le circuit de la mort qui feront impression.

Le plan de Rodney Applestock, première des histoires moins longues, est une petite merveille graphique qui se déroule en grande partie sous terre et révèle un grand d'amour de la spéléologie. Prunelle a beau y courir casquée la plus grande partie du temps, elle joue encore une fois au détonateur et sera aux prises avec un mystérieux "homme rouge" qui hante les grottes et cavernes nouvelles que l'on vient de découvrir en Lordagne ( !). Trame policière classique puisque tout cela sert à cacher un trésor en lingots d'or mais beauté du dessin, du décor, etc.

Suivent ensuite Le dictateur d'Amazonia avec le thème usuel du mégalomane-voulant-dominer-le-monde, etc. et Le secret d'Heinrich Helm. Ces deux histoires moins riches, thématiquement parlant, sont suivies par Le circuit de la mort, la dernière grande histoire de Prunelle mais qui amorce déjà une évolution dans le délire de l'intrigue. Les histoires deviennent moins rationnelles, plus loufoques, au bord du canular pur et simple. A croire que Reding est devenu incapable de construire une histoire linéaire. Vers la même époque Reding travaille à pleins tubes sur "Jari". Serait-il possible que manquant de suffoquer dans le sentimentalisme imposé par cette série, ils se désintoxe et se décrasse l'esprit par un délire appuyé dans Prunelle ? Ce même délire scénaristique resurgira plus tard dans Vincent Larcher/Olympio, au moment ou Reding abandonne petit à petit sa Prunelle.

Mais jugez-en vous-même : Le circuit de la mort démarre comme la tantième bande sportive. Sur un circuit privé Prunelle et Déodat assistent aux essais fulgurant d'une nouvelle voiture sport qui dépasse allègrement les 200 km/h. Or voilà, les essais de la "cougouar" (hmpf !) sont un leurre. D'autres confrères sportifs et journalistes ont également été "discrètement" avertis de ces essais. Tout simplement il s'agit de réunir 17 journalistes en tout qui seront "enlevés" et emmené en hélicoptère vers le château e Hartbech où le maître des lieux veut réaliser un vieux rêve de son père en expérimentant sur l'interpénétration du temps.

Enfermés, Prunelle et Déodat font la connaissance d'un homme du Cromagnon - ce qui permet à Déodat de faire subrepticement allusion à ... Monsieur Cro - essaient de fuir et tombent dans un escalier. Suite à sa chute Prunelle se réveille dans son lit, file voir son patron qui lui demande de se rendre au circuit privé afin d'assister discrètement à des essais secrets ! Et Déodat ? Eh bien il est à l'hôpital avec une jambe brisée suite à sa chute dans l'escalier.

Lui par contre se souvient parfaitement de ce qui est arrivé. Et d'autres personnes également. Finalement l'expérience d'interpénétration aura-t-elle lieu ? Titre trompeur donc que ce circuit de la mort ou démarre une étrange méditation sur le temps. Il n'y a ici ni véritable intrigue ni développement courant, mais plutôt une suite de situations et de personnages. Encore que le thème de la manipulation... hein ?

Le lecteur attentif remarquera en outre à partir de maintenant une nette évolution au niveau graphique que l'on peut effectivement qualifier d'appauvrissement. Le trait est plus lourd, le décor moins soigné, il y a abondance de gros plans.

C'est à partir de Tempête sur New York (1961) que cela se remarque vraiment, d'autant plus que Reding semble de plus en plus s'inspirer d'histoires loufoques ou simplifiées à l'extrême.

Tempête sur New York dont le titre même est - tout comme Le circuit de la mort - plutôt mal choisi, raconte comment Prunelle et Déodat en reportage dans le "Big Apple" sont pourchassés puis enlevés par des gangsters qui agissent pour le compte de G.V. Ce GV n'est autre que le célèbre George Vetchnikov, savant en astronautique dont les Américains ont le plus grand besoin pour leur programme spatial. Or Vetchnikov ancien prisonnier de guerre dans un camp de concentration est devenu fou. Se croyant un grand artiste il enlève des ressortissants européens qui sont mieux à même de "juger" son œuvre. Les autorités américaines laissent faire, se contentant de surveiller le dit GV et de libérer ses otages quand besoin se fait. Pris dans cet imbroglio Prunelle et Déodat seront eux aussi libérés in extrémis, avec prière d'oublier au plus tôt cette histoire.... de dingues !

Avec Du catch...et du vrai ! Reding revient au sport avec un léger hommage à une manifestation sportive dont se délectait jadis les spectateurs soudés aux lèvres de Roger Couderc. Reding se limite à une trame policière bien linea recta. Ce soir-là Prunelle et Déodat assistent à un gala de catch et sont témoins, bien malgré eux, de la mort en plein ring du catcheur Joe Banana.

Joe est-il mort assassiné ? C'est ce que Déodat croit dur comme fer tandis qu'une bande de gangsters est plutôt d'un avis contraire.

C'est également un argument sportif qui engendre une autre histoire : On demande un keeper, où Déodat remplace un gardien de but, chose banale en soi mais qui lui vaudra les pires ennuis bien entendu.

Les deux dernières histoires de Prunelle sont publiées sur trois bandes par page et bien qu'elles comptent plus de pages justement - une bonne quarantaine chaque - elle ne sont guère plus longues que les précédentes.

Domaine oriental cette fois dans Les 7 Bouddhas de Jade, avec un mégalo de service, péril jaune compris, dans la personne du Dr. Li Fong et dernière intrigue-imbroglio dans Le mystère du 24-26 (une drogue), où le patron de Prunelle et Déodat se dédouble, laissant un acteur maquillé et masqué prendre sa place pendant qu'il enquête - discrètement - sur les activités d'un neveu qui milite au sein d'une entreprise d'intimidation mondiale, rien que ça ! Les aventures de Prunelle se lisent encore car il y a toujours un brin d'originalité dans l'intrigue mais les lourdeurs de style et le graphisme stéréotypé n'en font pas particulièrement une BD passionnante.

Il est vrai qu'à ce moment - 1966 - Reding consacre tout son savoir, toute sa science et tout son talent au délire de Larcher et Olympio. Il a besoin de changer d'air et abandonne Prunelle et M. Cro sans regrets.

Une page est tournée, la BD vient de perdre deux héros.

Pas grave dans le cas de Reding qui nous en créera d'autres. Oui mais voilà, les autres on les connaît, on peut les relire, on peut les retrouver puisqu’ils existent sous forme d'albums ; mais pas Prunelle, pas M. Cro, deux héros qui dorénavant s'enfoncent dans les méandres de l'oubli, car connus uniquement des anciens lecteurs de LDH et de Récréation.

C'est hélas le lot d'une bonne partie de notre patrimoine BD.

Monsieur Cro et Tulipe noire

Prochain chapitre : BIBLIOGRAPHIE MONSIEUR CRO (La Dernière Heure)

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